Hommage au chef Guirault

19 04 2009

A qui je serais toujours reconnaissant pour avoir éveillè em moi la passion des chevaux et avec qui j´appris beaucoup de ce je sais aujourd´hui. J´avais promis de ne jamais me éloigner beaucoup du monde des chevaux, malhereusement ,je n´ai pu tenir cette promesse. Pourtant je mantiens le rêve de un jour avoir mon écurie et mes chevaux.

Cette lettre écrite par lui em 1950, que j´ai lû la premiére fois que je suis au centre à l´entrée de Maignelay-Montigny.
Quelques temps aprés il m´a offer une cópie que mantiens intacte dans un cadre comme un trophée. Suit la retranscrition.

La fin d´un ami…

A mon cheval AMOR blessé a POUM PRA HEA, tombé em embuscade dans la région de ANDONG POR, en septembre 1950, ou mon devoir fut dur, son application cruelle.

Il est lá, couché sur le sol humide, sa queue flottant dans la rizière. A mon approche il tente une dernière fois de se dresser. Je me penche, lui parle :«mon ami reste, ne bouge pas». M´ayant compris, il se calme, je l´ausculte. Hélas la balle «viet» lui a brisé som membre d´acier. Son regard brillant lit dans le mien, une étincelle jaillit: je ne revois parcourant la brousse depuis 18 mois, lui AMOR- cheval de rizière et moi spahi de 20 ans: POUM PRA HEA-BATRAS- COMPONG CHOCK-ANDONG POR, la pluie torrentielle, le soleil de plomb, les nuits passées en embuscade, en repos dans la Pagode miliènaire, notre dernière prise d´armes oú l ´on a remis la croix, l´accolade sur moi, une caresse pour toi, ainsi a fait notre général, oui mon vieux, cela s´arrête lá…

AMOR a compris, son regard change, son éclat se ternit, puis brille à nouveau, me transperce: «Oui mon vieux, je ne ferais pas appel au veto, j´ai compris». Je me retourne«MAO, mon revolver oui louck». La mort à la main je m´approche, caressede mon autre main cette petite étoile sur le front, puis dirige mon arme, nos regards se fixent, son front se rapproche du canon, s´y colle, mon doigt s´affermit, un bruit sourd, un dernier soubresaut: tout est fini…

Je me retourne, à travers mes larmes je rencontre le regard chaud de MAO, mon brigadier Kmer, il se fige au garde-à-vous, salue, machinalement je fais de même, donne mes ordres et rejoins à pas lents, les épaules lourdes le peloton.

A mon approche, un hennissement triste me remue, un bruit, je m´arrête, me retourne, fixe a 100 pas mes gardes enterrer AMOR, adieu frère.

Quelque chose me frôle, un chaud naseau contre ma joue droite. Je léve la main: HACQUENEE. J´embrasse ma fidèle jument, un pas s´approche à nouveau, je me retourne, encore MAO, il se fige à nouveau, me tends la queue, fier panache, reste d´AMOR. Je jure devant Dieu, «elle flottera à mon fanion tant que je chevaucherai». Je me remets en selle, nous rentrons au poste, et depuis AMOR ne me quitte plus.

Dors en paix petit cheval d`extrême-orient, ton maître ne peut, ne pourra t´oublier, tu es prèsent à mes côtès dans les bonnes comme dans les mauvaises passes…                               

                                                                                                                                                    M.D.L Yves Guirault
                                                                                                                                                         CAMBODGE- 1950                                             »


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